Location meublée vs nue : quel régime fiscal choisir ?
Le meublé séduit par ses loyers majorés et sa fiscalité BIC avantageuse. Le nu rassure par sa stabilité locative et sa gestion allégée. Deux stratégies d'investissement locatif aux logiques radicalement différentes.
Chiffres clés 2026
Meublé
Abattement micro
50 % (BIC)
Loyer T2 moyen
900 €/mois
Bail
1 an minimum
Nu
Abattement micro
30 % (foncier)
Loyer T2 moyen
700 €/mois
Bail
3 ans minimum
Sommaire
Fiscalité 2026 : BIC versus revenus fonciers
La location meublée relève de la catégorie des bénéfices industriels et commerciaux (BIC). En micro-BIC, vous bénéficiez d'un abattement forfaitaire de 50 % sur vos recettes locatives, dans la limite de 77 700 € de chiffre d'affaires annuel. Au régime réel, vous déduisez l'ensemble des charges et, surtout, vous amortissez le bien immobilier (sur 25-30 ans), le mobilier (5-10 ans) et les frais d'acquisition. Résultat : un revenu imposable souvent réduit à zéro pendant 10 à 15 ans.
La location nue génère des revenus fonciers. En micro-foncier, l'abattement n'est que de 30 % et le plafond de recettes de 15 000 € par an. Au régime réel, vous déduisez les charges (travaux, intérêts d'emprunt, assurance, gestion) mais sans pouvoir amortir le bien — c'est la différence fondamentale avec le meublé.
Réforme LMNP 2025 — changement majeur : depuis le 1er janvier 2025, les amortissements déduits en LMNP sont réintégrés dans le calcul de la plus-value lors de la revente du bien. Concrètement, si vous avez amorti 80 000 € sur 10 ans, votre plus-value imposable sera majorée d'autant. Cela réduit significativement l'avantage historique du meublé au réel sur le long terme et rapproche les deux régimes pour les investisseurs qui prévoient de revendre.
Pour un investisseur à TMI 30 % avec un loyer annuel de 10 800 € : en micro-BIC meublé, l'impôt annuel est d'environ 2 570 €. En micro-foncier nu (loyer 8 400 €), l'impôt est d'environ 2 780 €. Au réel meublé avec amortissement, l'impôt peut descendre à 0 € — mais attention à l'impact en sortie depuis la réforme.
Rentabilité nette comparée : le vrai écart meublé vs nu
Les loyers meublés sont en moyenne 15 à 30 % plus élevés que les loyers nus pour un bien équivalent. Pour un T2 de 40 m² acheté 200 000 €, on observe typiquement : 900 €/mois en meublé contre 700 €/mois en nu, soit un différentiel de 2 400 € par an de recettes brutes.
Mais la rentabilité nette raconte une histoire plus nuancée. Le meublé implique des charges supplémentaires : investissement initial en mobilier (3 000-8 000 € pour un équipement complet), remplacement régulier du mobilier usé (500-1 000 €/an), turnover locataire plus fréquent (état des lieux, remise en état, vacance entre deux baux), et éventuellement frais de conciergerie si vous déléguez la gestion.
Exemple chiffré — T2, 200 000 €, TMI 30 % :
En location meublée au régime réel : loyer annuel 10 800 €, charges déductibles + amortissement = résultat fiscal 0 €, rentabilité nette après impôts d'environ 4,2 %. En location nue au régime réel : loyer annuel 8 400 €, charges déductibles (hors amortissement) = résultat fiscal imposable d'environ 5 000 €, impôt 2 360 €, rentabilité nette environ 3,0 %.
L'écart réel est donc de 1 à 1,5 point de rentabilité nette en faveur du meublé — significatif sur 20 ans de détention, mais loin du « doublement » parfois avancé. Et depuis la réforme 2025, l'impôt de plus-value majoré à la revente peut absorber une partie de cet avantage.
Réglementation et contraintes locatives en 2026
Le bail meublé a une durée minimale d'un an (9 mois pour un étudiant), renouvelable par tacite reconduction. Le locataire peut donner congé avec un préavis d'un mois seulement (contre 3 mois en location nue, réduit à 1 mois en zone tendue). Cette flexibilité attire les étudiants et jeunes actifs mais génère un turnover plus important.
Le bail nu offre une stabilité supérieure : durée minimale de 3 ans (6 ans si le bailleur est une personne morale), préavis de 3 mois pour le locataire (1 mois en zone tendue). Les locataires restent en moyenne 3 à 5 ans, ce qui réduit les frais de rotation et la vacance locative.
Le décret du 31 juillet 2015 impose 11 éléments d'équipement minimum pour qu'un logement soit qualifié de meublé : literie avec couette ou couverture, dispositif d'occultation des fenêtres, plaques de cuisson, four ou micro-ondes, réfrigérateur avec compartiment congélation, vaisselle et ustensiles de cuisine, table et chaises, luminaires, étagères de rangement et matériel d'entretien ménager.
En matière de DPE et performance énergétique, les contraintes sont identiques pour les deux régimes : les logements classés G sont interdits à la location depuis le 1er janvier 2025, les F le seront en 2028 et les E en 2034. La loi Climat et Résilience ne fait pas de distinction entre meublé et nu.
Tableau comparatif complet
Régime fiscal
Loyer mensuel type (T2)
Durée du bail
Turnover locataire
Abattement micro
Charges spécifiques
Profil idéal
Quel régime choisir selon votre profil ?
Privilégiez le meublé si…
- Votre TMI est élevée (30 % ou plus) et vous souhaitez neutraliser vos revenus locatifs
- Vous investissez en ville universitaire ou zone à forte demande de meublés
- Vous êtes prêt à gérer un turnover plus fréquent ou à déléguer la gestion
- Vous envisagez une détention longue (moins impacté par la réforme plus-value)
Privilégiez le nu si…
- Vous recherchez la stabilité locative et une gestion minimale
- Vous avez un bien à rénover et souhaitez utiliser le déficit foncier
- Votre TMI est modérée (11 %) et l'avantage fiscal du meublé est limité
- Vous investissez en zone non tendue avec une demande locative familiale
Dans certains cas, la stratégie optimale évolue dans le temps : démarrer en meublé pour bénéficier de l'amortissement BIC pendant la phase de capitalisation, puis basculer en location nue lorsque l'amortissement est épuisé et que la stabilité locative devient prioritaire. Cette transition nécessite un accompagnement professionnel pour optimiser le timing fiscal.
Notre verdict
La location meublée reste fiscalement plus avantageuse grâce à l'amortissement BIC, même après la réforme 2025. Mais l'écart de rentabilité nette avec la location nue (1-1,5 point) ne justifie pas toujours la gestion plus lourde et le turnover accru. Le meublé excelle pour les investisseurs actifs à forte TMI avec un horizon long terme. Le nu convient aux profils patrimoniaux qui privilégient la sérénité et la stabilité. Le vrai enjeu : choisir en fonction de votre TMI, de votre marché local et de votre horizon de détention — pas d'une tendance générale.
Questions fréquemment posées
La location meublée relève des BIC avec un abattement micro de 50 % et la possibilité d'amortir le bien au réel. La location nue relève des revenus fonciers avec un abattement micro de 30 % et la déduction des charges sans amortissement.
La location meublée relève des BIC avec un abattement micro de 50 % et la possibilité d'amortir le bien au réel. La location nue relève des revenus fonciers avec un abattement micro de 30 % et la déduction des charges sans amortissement.
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