Mariage vs PACS : comment protéger son conjoint ?
Le mariage offre au conjoint survivant une protection successorale automatique et le statut d'héritier réservataire. Le PACS exige un testament pour transmettre, mais bénéficie de la même exonération de droits de succession. Le concubinage ne protège pas du tout. Découvrez les différences et les stratégies pour protéger votre partenaire.
Chiffres clés 2026
Mariage
Conjoint héritier
Automatique
Droits de succession
Exonéré
Donation entre époux
Usufruit total
PACS
Partenaire héritier
Uniquement par testament
Droits de succession
Exonéré
Protection logement
Droit temporaire (1 an)
Sommaire
Droits successoraux : la différence fondamentale
En cas de mariage, le conjoint survivant est automatiquement héritier, même sans testament. En présence d'enfants communs, il peut choisir entre l'usufruit de la totalité de la succession ou le quart en pleine propriété. La donation entre époux (donation au dernier vivant) élargit ce choix : usufruit total, quart en pleine propriété + trois quarts en usufruit, ou quotité disponible en pleine propriété.
En cas de PACS, le partenaire survivant n'est pas héritier légal. Sans testament, il ne reçoit rien de la succession. Il est donc impératif de rédiger un testament pour protéger son partenaire pacsé. Mais attention : même avec un testament, le partenaire pacsé ne peut recevoir que la quotité disponible (la part non réservée aux enfants).
En concubinage (union libre), la situation est la pire : le concubin n'a aucun droit successoral, aucune protection automatique du logement, et les droits de succession s'élèvent à 60% sur la totalité de ce qui est transmis. Un concubin est traité fiscalement comme un étranger.
Le droit au logement illustre bien les différences : le conjoint marié bénéficie d'un droit viager au logement (occupation gratuite à vie du domicile conjugal). Le partenaire pacsé dispose d'un droit temporaire d'un an sur le logement. Le concubin peut être mis dehors par les héritiers dès le lendemain du décès.
Fiscalité de la transmission : exonération vs 60% de droits
Le conjoint marié et le partenaire pacsé bénéficient tous deux d'une exonération totale de droits de succession depuis la loi TEPA de 2007. Quelle que soit la valeur transmise, le survivant ne paie aucun droit. C'est un avantage fiscal considérable partagé par les deux statuts.
En matière de donations, le mariage offre des outils spécifiques : la donation entre époux (donation au dernier vivant) est gratuite et permet d'élargir les droits du conjoint au-delà de ce que prévoit la loi. L'abattement pour donation entre époux est de 80 724€ tous les 15 ans.
Pour les partenaires pacsés, l'abattement pour donation est identique : 80 724€ tous les 15 ans. Toutefois, le PACS ne permet pas la donation au dernier vivant. La protection passe par un testament, qui est limité à la quotité disponible en présence d'enfants (1/2 avec un enfant, 1/3 avec deux enfants, 1/4 avec trois enfants ou plus).
Pour les concubins, l'abattement pour donation n'est que de 1 594€ et les droits s'élèvent à 60% au-delà. Transmettre 100 000€ à son concubin coûte environ 59 000€ de droits. C'est une situation fiscale catastrophique qui rend indispensable le recours à l'assurance-vie (clause bénéficiaire hors succession).
Stratégies concrètes pour protéger son conjoint ou partenaire
Pour les couples mariés, la stratégie optimale combine : une donation entre époux (coût quasi nul chez le notaire), un régime matrimonial adapté (la communauté universelle avec clause d'attribution intégrale protège maximalement le survivant), et une assurance-vie avec clause bénéficiaire au profit du conjoint.
Pour les partenaires pacsés, la protection passe par : un testament olographe ou authentique léguant la quotité disponible, une assurance-vie (les capitaux transmis au partenaire pacsé bénéficiaire sont exonérés de droits jusqu'à 152 500€ pour les versements avant 70 ans), et éventuellement un achat immobilier en tontine ou avec clause d'accroissement.
Pour les concubins, l'assurance-vie est le seul outil vraiment efficace : les capitaux versés au bénéficiaire concubin sont exonérés jusqu'à 152 500€ (versements avant 70 ans). Au-delà, le taux est de 20% puis 31,25%, bien loin des 60% des droits de succession classiques. C'est un avantage fiscal majeur à utiliser impérativement.
Quelle que soit votre situation, le régime matrimonial est un levier sous-estimé. En séparation de biens, chaque époux est propriétaire de ses biens propres : en cas de décès, seuls ses biens tombent dans la succession. En communauté universelle, tous les biens sont communs et peuvent être attribués intégralement au survivant par une clause d'attribution.
Tableau comparatif complet
Conjoint héritier
Droits de succession
Donation au dernier vivant
Part transmissible
Droit au logement
Régime matrimonial
Abattement donation
Quel choix pour quel profil ?
Privilégiez le mariage si...
- La protection maximale du conjoint survivant est une priorité absolue
- Vous avez des enfants et souhaitez que le conjoint conserve l'usufruit total
- Vous souhaitez bénéficier de la donation entre époux (dernier vivant)
- Vous voulez pouvoir adapter votre régime matrimonial (communauté universelle)
- Le droit viager au logement du conjoint est essentiel pour vous
Le PACS suffit si...
- Vous avez rédigé un testament au profit de votre partenaire
- Vous n'avez pas d'enfant (le partenaire peut recevoir la totalité)
- Vous avez souscrit une assurance-vie avec clause bénéficiaire adaptée
- Vous souhaitez une séparation de biens stricte par défaut
- Vous acceptez un droit au logement temporaire d'un an
Le mariage reste le statut le plus protecteur pour le conjoint survivant grâce à ses droits successoraux automatiques, la donation au dernier vivant et le droit viager au logement. Le PACS offre la même exonération fiscale mais nécessite un testament pour protéger le partenaire. Le concubinage ne protège pas du tout et doit être impérativement compensé par une assurance-vie.
Notre verdict
Le mariage offre la protection la plus complète : héritier automatique, donation au dernier vivant, droit viager au logement, régime matrimonial adaptable. Le PACS partage l'exonération de droits de succession mais impose un testament et ne donne qu'un droit au logement d'un an. Le concubinage est le pire scénario (60% de droits). Quel que soit votre statut, l'assurance-vie et le testament sont des outils indispensables.
Questions fréquemment posées
Oui, héritier légal même sans testament. Choix entre usufruit total ou quart en pleine propriété en présence d'enfants communs.
Oui, héritier légal même sans testament. Choix entre usufruit total ou quart en pleine propriété en présence d'enfants communs.
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