SCI vs Indivision : comment structurer votre patrimoine immobilier familial ?
L'indivision s'impose par défaut lors d'une succession, mais la SCI familiale offre une maîtrise incomparable de la gestion et de la transmission. Deux approches radicalement différentes pour détenir un bien immobilier à plusieurs. Découvrez laquelle correspond à votre situation.
Chiffres clés 2026
SCI familiale
Décote transmission
10 à 20%
Coût de création
1 500 – 3 000 €
Gestion
Gérant nommé
Indivision
Décote transmission
Aucune
Coût de mise en place
Gratuit (par défaut)
Gestion
Unanimité requise
Sommaire
Gestion au quotidien : souplesse de la SCI vs rigidité de l'indivision
En indivision, la gestion d'un bien immobilier repose sur des règles strictes imposées par le Code civil. Les actes de disposition — vente, hypothèque, donation — requièrent l'unanimité de tous les indivisaires. Les actes de gestion courante (travaux d'entretien, renouvellement de bail) nécessitent une majorité des deux tiers des droits indivis. Un seul indivisaire récalcitrant peut donc paralyser toute décision importante.
La SCI familiale fonctionne différemment. Un gérant est nommé dans les statuts et dispose de pouvoirs étendus pour la gestion courante : signature des baux, réalisation de travaux, encaissement des loyers, paiement des charges. Les décisions extraordinaires (vente du bien, modification des statuts) sont prises en assemblée générale selon les règles de majorité définies librement dans les statuts.
Cette flexibilité est déterminante en pratique. Imaginons trois frères et sœurs héritant d'un immeuble locatif. En indivision, le remplacement d'une chaudière peut nécessiter l'accord de tous. En SCI, le gérant lance les travaux sans consulter les autres associés pour la gestion courante, ce qui évite les blocages qui détériorent le patrimoine.
L'indivision peut toutefois être organisée par une convention d'indivision, conclue pour 5 ans maximum (renouvelable). Cette convention désigne un gérant et fixe des règles de majorité, mais reste bien moins souple que les statuts d'une SCI qui peuvent être adaptés sans limite de durée.
Transmission et succession : l'atout majeur de la SCI
La transmission est le domaine où la SCI surpasse le plus nettement l'indivision. Les parts de SCI bénéficient d'une décote de valorisation de 10 à 20% par rapport à la valeur vénale du bien sous-jacent. Cette décote est admise par l'administration fiscale car les parts sont peu liquides et leur cession est encadrée par les statuts (clause d'agrément).
Concrètement, un bien immobilier valant 500 000 € détenu via une SCI peut être évalué entre 400 000 et 450 000 € pour le calcul des droits de donation ou succession. L'économie fiscale est significative : avec un abattement de 100 000 € par enfant et par parent, la décote permet souvent de transmettre en franchise totale de droits.
Le démembrement de parts est particulièrement efficace. Les parents conservent l'usufruit des parts (et donc les revenus locatifs et le contrôle de la gérance) tout en transmettant la nue-propriété aux enfants. Au décès, les enfants récupèrent la pleine propriété sans droits de succession sur la valeur de l'usufruit. Ce mécanisme est bien plus simple à mettre en œuvre sur des parts de SCI que sur un bien immobilier en direct.
En indivision, la transmission est rigide. La donation d'une quote-part indivise est possible mais peu pratique : le donataire se retrouve en indivision avec les autres, sans protection particulière. Le démembrement d'une quote-part indivise est juridiquement complexe et rarement recommandé par les notaires.
Fiscalité : transparence vs option IS
En indivision, chaque indivisaire est imposé personnellement sur sa quote-part de revenus fonciers à l'impôt sur le revenu (barème progressif + prélèvements sociaux de 17,2%). Il n'y a aucune option fiscale : les revenus sont obligatoirement déclarés dans la catégorie des revenus fonciers, avec le choix entre micro-foncier (abattement 30% si revenus < 15 000 €) ou régime réel.
La SCI à l'IR (impôt sur le revenu) fonctionne de manière similaire : transparence fiscale, chaque associé est imposé sur sa part de bénéfices. Mais la SCI offre une option irréversible : l'assujettissement à l'impôt sur les sociétés (IS). Ce choix change radicalement la donne.
La SCI à l'IS permet d'amortir le bien immobilier (réduction du résultat fiscal), de déduire les intérêts d'emprunt sans plafond, et de bénéficier du taux réduit de 15% sur les 42 500 premiers euros de bénéfice puis 25% au-delà. Les revenus non distribués ne sont pas imposés au niveau des associés. En contrepartie, les plus-values de cession sont calculées sur la valeur nette comptable (après amortissements), ce qui peut générer une imposition plus lourde à la revente.
Le choix entre SCI à l'IR et SCI à l'IS dépend de votre stratégie : capitalisation (IS favorisé) ou perception de revenus (IR souvent plus simple). L'indivision ne laisse aucun choix fiscal, ce qui peut pénaliser les détenteurs dans les tranches marginales élevées.
Tableau comparatif complet
Nature juridique
Prise de décision
Transmission
Protection du conjoint
Coût de mise en place
Sortie / cession
Profil idéal
Quel véhicule pour quel profil ?
Privilégiez la SCI si…
- Vous détenez un patrimoine immobilier familial à long terme
- Vous souhaitez organiser la transmission avec décote fiscale
- Vous voulez protéger le conjoint survivant par les statuts
- Vous avez besoin d'un cadre de gestion clair et pérenne
L'indivision suffit si…
- La situation est temporaire (succession en cours de règlement)
- Vous êtes peu nombreux et en parfait accord
- Vous prévoyez de vendre le bien à court terme
- Vous souhaitez éviter les coûts de structure d'une SCI
Dans la majorité des cas, la SCI familiale est la solution la plus adaptée dès que le patrimoine immobilier est destiné à rester dans la famille sur plusieurs générations. L'indivision reste pertinente uniquement comme situation transitoire avant partage ou vente, ou lorsque les coûts de création d'une SCI ne se justifient pas au regard de la valeur du bien.
Notre verdict
La SCI familiale l'emporte dans presque tous les cas pour structurer un patrimoine immobilier familial. Elle offre une gestion souple (gérant nommé), une transmission optimisée (décote 10-20%, démembrement facilité), une protection du conjoint survivant et un choix fiscal (IR ou IS). L'indivision reste un régime par défaut adapté aux situations temporaires, mais ses blocages potentiels (unanimité) et l'absence d'outils de transmission en font rarement la solution de long terme. Faites-vous accompagner pour choisir la structure la plus adaptée à votre situation familiale et patrimoniale.
Questions fréquemment posées
La SCI est une personne morale avec statuts et gérant. L'indivision est le régime par défaut en succession : unanimité requise pour vendre, source fréquente de blocages. La SCI offre souplesse de gestion, l'indivision est simple mais rigide.
La SCI est une personne morale avec statuts et gérant. L'indivision est le régime par défaut en succession : unanimité requise pour vendre, source fréquente de blocages. La SCI offre souplesse de gestion, l'indivision est simple mais rigide.
Structurez votre patrimoine immobilier familial
Un conseiller Odin Capital analyse votre situation familiale et patrimoniale pour vous recommander la structure la plus adaptée : SCI familiale, indivision organisée ou autre montage sur mesure.